— Vous ne me reconnaissez donc pas, monsieur Hubert ?

Ce nom m’était inconnu. Il y avait une méprise. Une idée de génie traversa mon cerveau. Je répondis :

— Je vous reconnais parfaitement.

La conversation s’engagea. Je jouai à merveille le personnage de M. Hubert et m’étonnai de ma propre adresse.

C’était une femme du plus grand monde et qui avait, depuis très longtemps, un faible pour M. Hubert. C’est du moins ce que devinait ma perspicacité.

« Quelle admirable coïncidence ! pensai-je. Quelle merveilleuse méprise ! »

Je parlai avec délicatesse et réserve, mais en laissant apparaître une passion contenue de mon amour antérieur.

Je fus accueilli par une moue favorable.

J’allais à Luchon, elle aussi. Le train s’arrêta. Je jetai à la dame âgée et distinguée un regard de triomphe et je vis, sur son visage, le regret qu’un incident ridicule pour moi ne soit pas survenu.

Ma nouvelle amie descendait dans un hôtel qui me sembla fort coûteux pour ma bourse. Il n’importe ! Tous les sacrifices étaient nécessaires pour mener à bien une telle aventure.