Le fait d’être poète n’est pas pour les femmes une vertu en soi.
Elles y voient, ou y croient voir, le signe d’une âme tendre, l’assurance que celui qui a écrit ces choses est prêt à perdre son temps pour se consacrer à elles, et donnera à l’amour un caractère sublime dont leur vanité féminine sera satisfaite.
Mais on peut arriver à ce résultat par des paroles qui ne sont pas rimées. Et ainsi on a les avantages de la poésie sans en avoir les inconvénients.
Ces inconvénients sont grands. Celui qui se flatte d’être poète devient immédiatement, pour les femmes, triste, bon et sans assurance. Ne pas faire rire, ne pas laisser flotter la vague menace d’une méchanceté inattendue, manquer d’autorité vis-à-vis des cochers et des garçons de café, voilà de terribles défauts que ne compensent pas les pensées élégiaques qu’on est susceptible d’écrire.
Il vaut mieux triompher dans toute autre partie, comme l’agilité au tennis, l’art de conduire une automobile, la déclamation.
DIVERS
Tu périras d’être trop sensible. Il ne suffit pas de ne pas pleurer. Les femmes savent voir même les larmes qui ne coulent pas et elles se sentent plus fortes de cette faiblesse cachée.
Il y a un grand danger à ne pas donner la sensation qu’on va arriver d’un instant à l’autre au plus haut degré dans la carrière qu’on a embrassée. Si tu fais de la politique, donne-toi sans crainte comme un futur président de la République. Si tu t’occupes de Bourse ou de banque, parle en souriant de la fortune de Rothschild comme d’une petite fortune, à côté de ce que sera la tienne plus tard.