«Il est tard... Que fais-tu... C’est moi, ma bien-aimée...
Les meubles, les tapis me soufflaient son odeur...
Quand ma main se posa sur la portée fermée
Je défaillis d’espoir, de désir et d’horreur.
Je la pris par le corps et j’allumai la chambre,
Et j’arrachai le linge et les draps. La voilà!
Un parfum de cheveux, de femme blonde et d’ambre
M’enivrait. Allez donc, les bêtes, prenez-la...
Et sur l’être charmant qui criait d’épouvante
Dont j’avais adoré le cœur et la beauté,
Qui me tendait ses mains blanches et suppliantes,
Les trois fauves aux groins affreux se sont jetés.
Plus tard j’ai ramassé les roses écrasées
Qui faisaient sur les draps de grands cercles de sang.
Maîtrisant mon dégoût et domptant ma nausée,
J’ai recouvert de fleurs le corps éblouissant.
Elle pleurait à grands sanglots, vaincue et lasse,
Et grelottait dans le lit creux sous les draps froids.
«O splendide, ai-je dit, tu peux me rendre grâce,
Car je t’aimerai mieux, souillée ainsi trois fois.
«Tu m’humiliais avec une fausse noblesse.
Désormais, en cherchant le soir la volupté,
Nous serons tous les deux égaux dans les caresses:
Nous avons renié l’infâme pureté...»