Car il est enseigné par les Sages anciens qu’on peut enclore une magie dans certains bois savamment vernis et que cette magie avec la réflexion du miroir et la volonté du visionnaire recrée le verbe perdu qui fut prononcé du fond de l’âme et le grave dans la buée crépusculaire du miroir, le grave pour les yeux qui voient.
Et je dis, ayant terminé la transcription de l’ouvrage ancien : Puissé-je être digne de celui que j’ai été, moi qui suis indigne de celui que je serai. Puisse mon esprit s’élancer plus haut, puisse mon esprit s’élancer plus vite vers la connaissance et vers l’amour, puissent mes actions être en harmonie avec mes pensées, puisse ma voix faible résonner très loin et transmettre aux hommes par le mystère de l’écriture la goutte de beauté que j’ai pleurée.
LE SERPENT NOIR QUI DONNE LA CHANCE
L’aurore se lève. Remercie Dieu qui t’a fait découvrir dans la cour dorée, le serpent noir qui donne la chance à la maison.
Il faudra lui apporter du lait dans un vase de terre plat et mettre à côté des feuillages secs pour qu’il y repose.
Aucun visage de mauvais augure ne se présentera aujourd’hui à la porte, aucune pensée triste ne se tiendra debout sur le seuil de l’âme.
Une journée entière de bonheur, sans querelle parmi les servantes, sans souvenir amer qui trouble la pureté de ton regard !
O serpent noir, je mettrai chaque jour du lait dans le vase plat et je préparerai les feuillages secs, serpent noir qui me rend visite si rarement !
PETITE LUMIÈRE
Une intérieure suavité spirituelle met sur les traits de son visage une expression délicate qui fait penser au vol d’une hirondelle, au bord d’un étang, par un crépuscule de printemps.