Mais Joachim fit un pas entre eux. Il était pâle et résolu. Cela porta à son comble l’exaspération de Castro.
— Tu refuses de m’obéir ? Prends garde ! Je saurais bien t’y forcer !
Sur le sable, à quelques pas de Castro, il y avait une rame rompue en deux. Ce tronçon formait une massue dont Castro se saisit. Peut-être n’avait-il la pensée que de menacer, de terrifier son fils en exagérant l’image de la violence. Peut-être fut-il entraîné par la force aveugle qui était déchaînée en lui.
Joachim ne recula pas et répondit :
— Rachel n’a que de la haine pour toi et tu viens de dire toi-même les raisons qu’elle avait de te haïr. Alors ? C’est à toi de t’en aller.
— Elle a été ma maîtresse ! cria Castro.
— Tu mens.
A peine Joachim avait-il prononcé ces deux mots que la rame que tenait son père tomba sur son visage. Le coup fut si violent qu’il se trouva à genoux et s’appuya sur le sol avec sa main. Dans la même seconde, Rachel se précipitait à côté de lui pour le soutenir et Castro, dans sa rage, allait donner un deuxième coup.
Il ne s’arrêta qu’à cause du bruit de pas qu’il entendit derrière lui. Un homme marchait le long de la rive ; il avait vu le geste, reconnu Castro et Rachel, et il se précipita au milieu d’eux.
— Pedre de Castro, reviens à toi, dit-il.