— Vous avez un ami qui vous aime beaucoup. Oui, vous êtes entourée de beaucoup d’amour.

Ici, elle interrompit une seconde l’extase qui commençait pour me jeter un long regard.

— Il faut aimer cet ami. Vous recevrez des lettres d’affaires et vous serez entravée dans vos projets. Il y a un voyage en perspective et des ennuis. Mais l’amour de votre ami vous assure le triomphe.

Elle me jeta un nouveau regard, comme la palme qui devait assurer ce triomphe.

Elle dépeignit ensuite longuement et sous des couleurs agréables le caractère de Jacqueline, puis le caractère de son ami, un homme d’affaires très intelligent qui devait la conduire par la main à un bonheur éternel.

Elle ponctuait chaque parole d’un regard ou d’un sourire vers moi pour qu’il n’y ait aucun doute sur l’ami auquel ces éloges étaient adressés.

— Mais enfin, dit Jacqueline, la personne à laquelle je pense, m’aime-t-elle.

— Je vois l’amour, la réussite et le bonheur pour vous deux, dit-elle : et je crus que, dans sa certitude de notre union, elle allait mettre la main de Jacqueline dans la mienne et nous donner une bénédiction supra-terrestre.

Nous nous levâmes.

Le pouvoir du merveilleux est si grand sur les femmes que Jacqueline eut encore la naïveté de me murmurer à voix basse :