— Demandez-lui quand la guerre finira.
Je posai la question.
— Je vois de grands mouvements d’hommes, beaucoup de feu et beaucoup de sang. Je vois l’empereur d’Allemagne couché au bord d’un petit bois, dans un champ de trèfle. La guerre finira entre le 25 et le 30 septembre 1915.
Tout cela, avec les salutations et les amitiés du père, ne coûtait, comme prix de guerre, que cinq francs.
Dans l’escalier noir, Jacqueline dit :
— Ainsi la guerre va durer encore deux mois.
Et, sur le seuil, elle s’appuya sur mon bras et elle dit encore :
— Est-ce drôle, elle a cru que vous étiez mon amant.
Et elle rit en pressant son épaule contre la mienne.
Je ne trouvai pas que c’était drôle, mais je goûtai la sympathie qui était venue d’elle à moi par la porte entr’ouverte du merveilleux.