Et quand l’ascenseur s’arrête brusquement, et qu’on est dans la situation que j’ai dite, que faire sinon profiter de cette secousse pour embrasser un cou dans des fourrures parfumées ?

— Je ne vous ai pas demandé à quel étage vous alliez, dit la femme charmante avec un éclat de rire.

— J’allais au cinquième.

— Nous sommes au quatrième. Venez prendre une tasse de thé avec moi.

Et je commençais à avoir une fort mauvaise opinion d’une femme qui a une si grande liberté d’allures, quand alors seulement, je reconnus Chinette.

— Oui, j’ai quitté mon hôtel et j’ai repris une femme de chambre, me dit-elle pendant que celle-ci servait le thé. Que voulez-vous ? la guerre est si longue !

Je lui expliquai que j’allais voir Jacqueline qui habitait au-dessus d’elle, mais elle m’assura que ce n’était pas pressé, et je la crus.

— Je vous avais accueilli si froidement, une fois, au début de la guerre, que vous ne vouliez pas me dire bonjour aujourd’hui ! Vous le voyez, je suis redevenue la Chinette d’autrefois et je ne balaye plus mon appartement.

Je lui demandai des nouvelles de son ami. Elle me répondit qu’il avait un sursis, qu’il était aux environs de Paris, et que c’était toujours un homme très ennuyeux.

Que faire quand il faut quitter une femme charmante et qu’on n’en a pas envie ?