— Mais, pour le moment, que va devenir Jacqueline ?

Une réelle surprise se peignit sur le visage de Marco.

— Eh bien ? Mais n’es-tu pas là ? Prends-la. Je te la donne.

Et il me tendit la main.

FORME NOUVELLE DE LA CAMARADERIE

Que faire quand une femme charmante passe et vous sourit sous ses fourrures, sinon la suivre, pour se rendre compte de cette sympathie inconnue ? Et si elle suit le même chemin que vous, il convient de se réjouir de cette providence qui concilie à la fois vos occupations et l’imprévu d’une poursuite.

Il n’y a pas à délibérer si la femme charmante rentre dans la même maison où vous allez vous-même et si, dans l’obscurité de l’escalier, elle fait confusément signe qu’il y a bien deux places dans l’ascenseur.

Que faire dans ce petit cube errant dans l’espace, si vous sentez un sourire favorable flotter vers vous et si cependant aucune parole ne vous vient aux lèvres, sinon passer à tout hasard votre bras sous celui de votre voisine ?

Que faire si ce bras ne résiste pas, si même il y a une petite poussée vers vous, sinon se rapprocher davantage jusqu’au point de sentir des cheveux légers près de voire visage ?

Voilà les choses qui m’advinrent comme je me rendais, avec le cœur bien triste, chez Jacqueline pour lui raconter mon voyage et le résultat de ma mission. Je l’aimais trop pour lui apporter sans ménagement la vérité et lui causer une peine profonde. Je ne l’aimais pas assez pour tenter de la consoler entièrement, car mon orgueil se révoltait à l’idée de prendre une maîtresse qui aimait encore mon ami et dont celui-ci ne voulait plus. J’allais chez elle plein d’irrésolution et sans savoir au juste quelles explications j’allais lui donner.