—Voyons, est-ce que tu veux m'ensorceler de toi!

—Tu sais bien que je suis magicienne, dit-elle avec un charmant sourire.

—Je ne l'ai pas oublié, et tu m'as bien manqué. J'aurais voulu savoir tant de choses!

—Je t'apprendrai tout ce que tu voudras; j'y vois mieux que je ne voyais avant d'être malade. Si tu ne m'avais pas envoyée dans ce pays, j'étais morte; aussi je t'en garde une grande reconnaissance.

Je voulus rendre une fête à Sabardin.

La maison du cophte était grande et donnait sur les jardins qui avaient appartenu au bey Hassan et que la 21e demi brigade avait convertis en promenade publique. J'y donnai plusieurs soirées dans lesquelles Tomadhyr exécuta mainte fois la danse de l'abeille. Elle avait fait des progrès, et dansait admirablement. J'avoue qu'elle me devenait chère; mais l'espoir de retrouver Djémilé me préoccupait sans cesse. C'était comme une idée fixe dont je ne me débarrassais que pour la retrouver plus intense.

Nous étions dans les premiers jours de juin, quand Malek se présenta un matin devant moi:

—Veux-tu t'emparer de Mourad? me dit-il sans préambule.

—Tu sais où il est.

—À Khardjèh, dans la grande oasis.