—Dans l'oasis, à Dakakyn.

—Tu mens, j'en arrive!

—O Sherif, dit à Hassan un de ses cavaliers, que je reconnus pour être Souleyman, cet homme te trompe en effet. C'est Malek-Ben-Aly, c'est lui qui a enlevé Djémilé, pour le compte du colonel français.

Malek répliqua en lui tirant un coup de pistolet qui le fit rouler à terre; puis, mettant le sabre à la main, il fondit sur le gros de la troupe. Je courus au sherif, et le combat s'engagea. Hassan était un homme vigoureux, expérimenté dans le maniement des armes, ce qui ne l'empêcha pas de recevoir une blessure au bras qui lui fit lâcher son sabre, et j'allais en débarrasser Djémilé sur l'heure, car il était hors d'haleine, si ses Arabes ne fussent venus à son secours. J'en tuai un, mais en pure perte. Je fus renversé de cheval et maintenu à terre par quatre bédouins qui, sur l'ordre d'Hassan, me lièrent les jambes et les bras.

Malek et l'un des cavaliers étaient également pris, l'autre était mort. À nous quatre, nous leur avions tué cinq hommes, nous en avions mis quatre hors de combat sans compter Hassan et Souleyman blessés.

En voyant que sur vingt il n'en restait que neuf, je ne perdis pas l'espoir d'en venir à bout, quoique Malek et moi fussions liés de cordes.

Nous fûmes amenés devant Hassan qui avait mis pied à terre pour panser sa blessure.

—Voilà trois rudes compagnons, dit-il, et les houris seront bien désolées de les voir arriver en paradis sans leur tête.

—Tu plaisantes agréablement, répondis-je; mais ne crois pas m'effrayer; je te sais plus cupide que méchant et tu préféreras notre rançon à notre mort.

—Pourquoi ton kiachef ne parle-t-il pas lui-même?