Et se tournant vers Malek:
—Dis-moi d'abord s'il est vrai que tu conduisais la fugitive à ton chef français?
—Je ne connais pas celle dont tu veux parler, répondit Malek, et il y a longtemps que le Français ne pense plus à elle.
—Alors, que venais-tu faire à Khardjèh?
—Je venais me joindre aux cavaliers de Mourad avec ces deux bons musulmans, qui, comme moi, ont déserté le drapeau de nos oppresseurs.
—Tu me crois bien sot pour me donner à boire de telles impostures. Ta langue a assez menti. Je vais te la faire couper.
Je crus qu'il plaisantait; mais je fus bien vite détrompé en voyant deux de ses bourreaux renverser mon compagnon et lui ouvrir la bouche avec leurs sabres. Ce fut en vain que j'implorai sa grâce, que j'offris des monceaux d'or et que je dis qu'il était le frère de Djémilé: le malheureux Malek fut mutilé sous mes yeux.
Vaincu par la souffrance, il s'évanouit.
Hassan s'adressa ensuite à moi:
—À ton tour, dit-il; veux-tu avouer la vérité?