—Et Sitty Nefyssèh, est-elle morte aussi?
—Oui, avant mon père, dit-elle en pleurant.
—Puisque tu es sans famille et sans asile, j'ai pitié de toi. Je pardonne; mais, comme j'ai appris à te connaître, je ne te considérerai à l'avenir que comme une jolie esclave que je surveillerai de près. Quant à ton repentir, ce sera à toi de me le prouver. Je dois te déclarer aussi que le trésor est vide; que par conséquent, je ne pourrai plus satisfaire tes fantaisies.
—Je n'aurai d'autres fantaisies que les tiennes, et si tu veux mes bijoux, les voici!
Elle retira ses colliers, ses bracelets et son tarbouch d'émeraudes qu'elle posa sur la table.
—Garde tes parures, ta vanité souffrirait trop de ne pouvoir plus briller, ne fût-ce que devant moi.
—Je n'ai plus besoin de paraître, mon orgueil a été brisé, ma vanité étouffée. Je n'ai plus que l'amour-propre de vouloir me garder pour celui qui m'a donné à boire son sang. Ah! tu n'aurais jamais dû m'amener ici et m'apprendre le français! Tout le mal que je t'ai fait ne serait jamais arrivé.
Elle avait raison, c'était encore ma faute!
Le lendemain, Tomadhyr me demanda sur un ton farouche si elle allait redevenir l'esclave de Djémilé.
—Non, lui dis-je, elle n'est pas plus que toi dans la maison, elle le sait. Rends-lui ton amitié.