—Je n'ai pas le droit d'être plus jalouse que toi de ton honneur. Je ne lui dirai rien.

—Ce sera bien gai pour moi!

—Tu le veux? Je serai de bonne humeur...

C'était une singulière bonne humeur que de rester des journées accroupie dans un coin, à consulter son miroir magique, à se plaindre de violentes douleurs d'estomac, à tomber dans des spasmes nerveux, et à dire régulièrement tous les soirs en se retirant:

—Je n'ai pas longtemps à vivre, je te dis adieu, parce que demain matin je serai morte!

Djémilé était plus gaie et plus aimable. Il est vrai qu'elle avait beaucoup à se faire pardonner.

Bien qu'elle m'eût promis de n'avoir d'autres fantaisies que les miennes, elle eut bientôt envie de mille colifichets et mit en gage sa coiffure d'émeraudes et ses perles pour se procurer de l'argent. Se figurait-elle que je retrouverais un nouveau trésor pour les dégager?

Un soir, elle me dit:

—Je ne sais si Tomadhyr m'a ensorcelée. Comme elle, je sens une grande douleur à la poitrine; seulement je ne vois rien que des brouillards rouges qui passent, et j'ai une envie de dormir insurmontable.

—Depuis quand souffres-tu?