—Depuis ce matin.

J'envoyai chercher le médecin qui, après être resté un quart d'heure auprès d'elle, revint me dire:

—Si vous tenez à cette fille, armez-vous de courage: elle a la peste! On n'en meurt pas toujours; mais enfin..., elle est fort malade. Faites-la porter à l'hôpital; c'est plus prudent pour vous!...

—Non, docteur; j'ai eu beaucoup d'affection pour elle, et je ne dois pas l'abandonner.

—Comme vous voudrez. Je reviendrai demain.

Il prescrivit une potion et sortit.

J'allai près de Djémilé. Elle dormait, mais elle avait la pâleur de la mort sur le visage. Le délire la prit dans la nuit.

Elle se croyait dans le désert, disait qu'elle mourait de soif et me demandait sans cesse à boire; mais elle refusait constamment la potion que je lui offrais.

—Non, disait-elle, cela ne sent rien. J'ai du feu dans la poitrine et ton sang peut seul l'éteindre. Me laisseras-tu mourir? Ne veux-tu pas m'en donner?

Et elle cherchait à me mordre comme si elle fût devenue enragée. Ce fut la seule crise violente.