Mon départ était fixé au lendemain matin, quand la petite fellahine me dit:
—Ya Sidy, on dirait que tu ne veux plus revenir dans ta maison?
—Il est probable, en effet, que je n'y reviendrai pas, et peu m'importe. Je n'y laisse rien: femmes, maîtresses, esclaves, trésor, tout est envolé.
—Mais la maison reste, et moi dedans.
—Eh bien? ma pauvre enfant, je t'en fais cadeau.
—Tu me donnerais tout cela, à moi pauvre fellahine?
—Oui; viens avec moi chez le cady afin de remplir toutes les formalités voulues par la loi musulmane.
—Mais que ferai-je d'un si grand palais?
—En cherchant bien, tu y trouveras peut-être un autre trésor, et tu m'offriras l'hospitalité si je reviens.
—Comme cela, oui, j'accepte; mais, si tu pars pour ton pays, j'aimerais mieux te suivre.