—Vous ne seriez pas embarrassée pour me le rendre et j'en mourrais de jalousie. Mais, puisque vous voulez rester libre, ne pouvons-nous pas nous aimer franchement et sans restriction? Et en riant, j'ajoutai: Passons un contrat à la cophte, pour trois, six, neuf...

—Trois ans! ce serait trop pour vous!

—Et si je vous en demandais neuf?

—Alors, pourquoi pas toute la vie? Vous me faites peur! Il y a longtemps que je vous aime, moi! J'ai beaucoup lutté, beaucoup souffert, j'ai droit à un peu de bonheur. Il faut que je vous oublie ou que vous m'aimiez réellement. Prenez-y garde, je ne suis pas une enfant, je ne suis pas une sotte, je ne suis pas une odalisque. L'amour vulgaire ne me tromperait pas. Je mérite mieux, j'ai cette prétention, du moins.

—Vous avez le droit d'être aimée passionnément et sérieusement, et moi, je me crois capable d'aimer ainsi. Mettez-moi à l'épreuve.

—Venez me faire danser, répondit-elle, car on remarque notre tête-à-tête.

—Il faut pourtant me répondre.

—Eh bien, venez me voir demain; c'est à vous de me persuader, de me donner confiance.

—Je sais que ce n'est pas facile; mais, moi, j'espère en vous; j'ai ce qu'il faut pour persuader, j'ai la foi!