La porte de la rue céda sous les efforts des assaillants et le jardin fut envahi.

M. de Cérignan me donna un fusil de chasse fleurdelysé, des balles, et je me postai à un des deux croisillons qui donnaient au-dessus de l'entrée, tandis qu'il courait à l'autre.

Les révoltés dirigèrent leurs efforts sur la porte de la maison et l'attaquèrent à coups de hache; je voulus parlementer, je reçus une volée de coups de fusil. Alors, je ripostai à coups de carabine. Nous étions quatre contre cinq ou six cents. Nous tirions sans relâche. L'odeur de la poudre avait tellement enivré le vieux Cérignan qu'il parlait de faire une sortie.

À chaque coup de hache qui résonnait dans la porte comme un coup de canon, j'entendais mademoiselle de Cérignan invoquer le ciel, non pour elle mais pour Louis. Malgré ma préoccupation, je fus frappé de l'espèce de culte qu'elle lui rendait. Pourtant nos munitions s'épuisaient et mes dragons n'arrivaient pas. Étaient-ils, de leur côté, aux prises avec l'ennemi?

—Il n'y a plus de poudre! cria M. de Cérignan; jetons-leur les meubles sur la tête.

Mais les croisillons et l'escalier étaient trop étroits pour livrer passage au moindre coffre.

La porte cédait.

—Vite, vite! criai-je, empilons les meubles dans le couloir; une barricade!

On s'empressa d'apporter tout ce qui tomba sous la main. Olympe, surmontant sa frayeur, nous aida bravement.

Louis s'était réfugié en haut de l'escalier et, d'un air hébété par la peur, il nous regardait travailler.