Je criai au commandant de venir nous délivrer. Les dragons furent bientôt dans le jardin et massacrèrent tous ceux qui leur tombèrent sous la main.

Nous dûmes marcher sur les cadavres et dans le sang pour gagner la rue.

Avec la nuit, le combat avait cessé. Les musulmans croiraient commettre un péché en se battant ou en traitant une affaire quelconque après le coucher du soleil.

Un régiment de grenadiers vint prendre position et bivaquer dans l'enclos même. Mademoiselle de Cérignan et Louis ne pouvaient rester là. Je les emmenai. Quand nous arrivâmes à Boulaq, un officier d'ordonnance vint m'avertir de me tenir prêt à marcher au premier signal.

Olympe était tellement brisée de douleur et de fatigue, que je la portai dans le divan sans qu'elle s'en aperçût. Elle faisait peine à voir.

Je la laissai aux soins de Daoura et de la petite fellahine.


[X]

En traversant la cour, je vis Louis accoudé sur le bassin du marbre et regardant les poissons rouges, sans donner aucune marque de regret pour son père ou d'inquiétude pour sa sœur.

Je lui reprochai son insensibilité devant le malheur qui venait de le frapper dans la personne de M. de Cérignan.