— Voudrais-tu lire des livres ?

— Moi ? mais non…, pourquoi faire ?

— Moi, j’aimerais bien… Voilà, j’ai demandé ce livre à la femme de l’inspecteur et je lis.

— Qu’est-ce ?

— L’histoire de saint Alexis, homme de Dieu.

Et, grave, elle lui raconta comment un jeune garçon, fils de parents riches et nobles, les avait quittés, se détournant du bonheur, et puis était revenu, mendiant et décharné, vivre dans un chenil avec les chiens, sans jamais dire jusqu’à sa dernière heure qui il était. Elle termina en demandant doucement à Iakov :

— Pourquoi a-t-il fait tout cela ?

— Qui peut savoir ? fit Iakov avec indifférence.

Des monticules de sable, amassés par le vent et par les vagues, les entouraient. De la pêcherie venait un bruit sourd et confus. Le soleil se couchait et répandait sur la grève le reflet rose de ses rayons. Les saules chétifs tremblaient de leurs feuilles blanches à la bise de mer. Malva se taisait comme si elle écoutait quelque chose.

— Pourquoi n’es-tu pas allée aujourd’hui là-bas, au cap ? dit Iakov.