— C’est comme ça ?

— Oui, c’est comme ça. Pourquoi te jettes-tu sur moi ? Tu te figures que je ne comprends pas. C’est toi qui as commencé…

Vassili hurla et leva le bras si rapidement qu’Iakov n’eut pas le temps de s’écarter. Le coup lui tomba sur la tête ; il chancela et grinça des dents à la face furieuse de son père, qui de nouveau le menaçait.

— Attends ! lui cria-t-il en serrant les poings.

— Attends toi-même !

— Laisse-moi, je te dis !

— Ah ! c’est ainsi que tu parles à ton père ?… ton père ? ton père ?…

Ils étaient à l’étroit, et leurs jambes s’embarrassaient dans les sacs vides, la souche et le tonneau renversé. Se protégeant de son mieux contre les coups du père, Iakov, pâle et en sueur, sombre, les dents serrées, les yeux brillants comme ceux d’un loup, reculait lentement, et le père fonçait sur lui, gesticulant avec férocité, aveugle de rage, étrangement échevelé : il se hérissait comme un sanglier en fureur.

— Arrête… c’est assez… cesse ! disait Iakov, terrible et froid, en sortant de la cabane.

Le père rugissait et avançait toujours, mais ses coups ne faisaient que rencontrer les poings d’Iakov.