Il éprouvait un désir passionné de la frapper, de la terrasser et de l’ensevelir dans le sable, de lui donner des coups de bottes au visage, à la poitrine… Il serra les poings et regarda en arrière.
Là-bas, près des tonneaux, il vit Iakov et Serejka, et leurs visages étaient tournés de son côté.
— Va-t’en. Je t’écraserais !…
Il s’arrêta et lui chuchota des injures à la face. Ses yeux étaient pleins de sang, sa barbe tremblait, et ses mains paraissaient se tendre involontairement vers les cheveux de Malva, qui sortaient de dessous le châle.
Elle le regardait tranquillement de ses yeux verts.
— Tu mériterais qu’on te tue ! Attends, il se trouvera bien quelqu’un pour te casser la tête.
Elle sourit, se taisant toujours. Puis elle soupira profondément et dit :
— Assez maintenant. Adieu !
Et, tournant brusquement sur les talons, elle revint en arrière.
Vassili hurlait après elle et grinçait des dents. Malva, en marchant, s’appliquait à mettre ses pieds dans les empreintes profondes des pieds de Vassili, et, quand elle y avait réussi, elle les effaçait soigneusement. Elle alla ainsi jusqu’aux tonneaux, où Serejka la reçut avec cette question :