—Je serais d’avis que l’on se débarrassât des curés tout de suite...
—Que veux-tu dire?
—Je dis qu’il faut fusiller les curés ici, ainsi que les quatre de la police...
—Pourquoi?
—Parce qu’ils nous gêneront plutôt quand nous serons dehors... Nous pouvons dire à la foule qui va nous entourer, que les militaires—les gardes de Paris—que nous escortons sont des prisonniers faits à l’armée de Versailles... Cela pourra produire quelque impression sur les combattants, leur faire croire que nous sommes vainqueurs, ou tout au moins que notre cause n’est point perdue... En ce moment, tout le monde croit à la déroute... Je vous dis que l’on peut ainsi donner du courage à ceux qui désespèrent... Si vous êtes de mon avis, vous voyez bien qu’il ne faut pas emmener les curés, ni les mouchards... Nous allons en finir avec eux ici même, avant de quitter la prison.
Les autres écoutaient sans mot dire.
—Bah! dit Gois, il vaut bien mieux leur régler leur compte ensemble.
Quelques minutes après, on se dirigeait vers le Père-Lachaise et Belleville.
les quatre otages civils
Les quarante-six otages, prêtres et militaires, vont périr, emportés dans la tempête révolutionnaire, victimes anonymes qu’aucune haine personnelle ne poursuit. Il n’en est pas de même des quatre otages civils, de trois d’entre eux du moins.