Le cabinet de Lagrange était situé dans les vieux bâtiments, assez loin du bureau du délégué de la Commune.

Lorsque Giffault pénétra dans le cabinet de Lagrange, le foyer de la cheminée était encore plein de papiers presque entièrement consumés, qui étaient les fameuses fiches au moyen desquelles il était possible de retrouver les noms des agents. Le casier A. S. (Agents Secrets) était entièrement vide. Lagrange avait garé son monde.

On ouvrit les autres casiers. Nombre de pièces sans importance y étaient entassées en désordre, comme si on les eût replacées après avoir fait un tri des plus précieuses. Le tout fut porté au cabinet de Raoul Rigault.

Quand on les dépouilla, on trouva plusieurs lettres où l’on crut reconnaître l’écriture de Largillière. L’une d’elles était une demande d’argent, adressée à Lagrange.

Rigault signa immédiatement un mandat d’amener.

Mais où rencontrer Largillière? Aucune nouvelle de lui depuis le 4 Septembre. On savait seulement qu’il habitait Belleville.

On eut l’idée de chercher sur les états de la garde nationale, qui révélèrent son inscription dans une compagnie sédentaire du 47e bataillon. La compagnie était de garde au ministère des finances.

Lorsque Giffault, chargé d’arrêter Largillière, entra dans le poste du ministère, il vit Largillière, qu’il connaissait pour l’avoir souvent rencontré dans les réunions de l’Empire, étendu sur un lit de camp, fumant tranquillement sa pipe.

Giffault fit un signe. Largillière se leva. Les deux hommes sortirent.

—Rigault te demande à la préfecture.