—Tiens, lis, dit Rigault au prisonnier. C’est bien ton écriture...
Largillière ne trouva pas une parole. Il était livide.
Sur un geste de Rigault, quatre gardes l’entourèrent. Un secrétaire timbra l’ordre d’écrou, tout prêt. Largillière fut conduit au Dépôt, et ensuite à Mazas, d’où il ne sortit que pour être transféré, avec les autres otages, le lundi 22 mai, à la Roquette.
En même temps que la lettre de Largillière, les dossiers de Lagrange avaient livré des papiers qui semblaient tout aussi compromettants pour Ruault.[98]
Un mandat d’amener fut lancé contre ce dernier. Giffault fut encore chargé de l’exécuter.
Ruault habitait Montmartre. On le retrouva comme on avait retrouvé Largillière. Il était inscrit, malgré son âge, dans un bataillon de marche, détaché à Clichy.
Lorsque Giffault le rejoignit, après s’être muni de nouveaux renseignements à l’état-major de la place, Ruault était à la barricade d’Asnières, proche de l’imprimerie Paul Dupont, le long du chemin de fer.
Ruault était étendu derrière les pavés.
Inexplicable énigme! Cet homme, qui a trahi les siens, se bat et ne craint pas d’exposer sa vie aux postes les plus périlleux!
A la préfecture, ce fut en présence de Regnard[99] que se trouva Ruault.