Regnard prit une des pièces, non signées, que l’on supposait avoir été écrites par Ruault. Il la tendit à Ruault qui resta silencieux, se contentant de hausser les épaules.

On mit devant Ruault une feuille de papier blanc, et on lui dit d’écrire quelques lignes.

Ruault se mit à pleurer. Regnard abrégea la pénible scène. Da Costa signa l’ordre d’écrou.

Greffe avait été arrêté dans une circonstance tout au moins singulière. Il suivait l’enterrement d’un fédéré au Père-Lachaise, une pensée à la boutonnière—la Libre Pensée—quand il fut reconnu, conduit à la Préfecture de police et ensuite à Mazas.

Quand Greffe fut amené, le 22 mai, à la Roquette, en même temps que Largillière et Ruault, François le prit avec lui comme employé aux écritures, avec le projet de le faire évader. Déjà, à Mazas, il avait pu s’échapper. Fortin, le même qui reçut de Ferré l’ordre de faire fusiller l’archevêque, apprit que Greffe était retourné chez lui. Il alla le reprendre et le réintégra à la prison.

Les suprêmes efforts de François pour sauver Greffe de la mort échouèrent, comme on l’a vu, devant les injonctions menaçantes de Gois.

jusqu’à la mairie de Belleville

A peine les cinquante otages avaient-ils franchi la porte de la Roquette que la foule se répandit en malédictions.

Le cortège n’avait pas fait les premiers pas dans la direction du Père-Lachaise, qu’il fallait déjà protéger les prisonniers contre les femmes qui leur jetaient des immondices.

Quand on tourna le coin du boulevard Ménilmontant, la rage qui couvait dans cette masse désordonnée, combattants en uniforme, femmes affolées, gamins effrayants, dégénéra en furie.