—A mort! A mort! criait-on de toutes parts. A mort les calotins!
Des hommes se faufilent à travers les rangs, cherchant à atteindre les otages et à les frapper.
Ceux qui conduisent les prisonniers s’efforcent en vain de les soustraire aux fureurs de la foule. G... reçoit un coup de trique. M... est frappé d’un coup de crosse de fusil.
Au carrefour Oberkampf, au moment de s’engager dans la chaussée Ménilmontant, le cortège n’est plus qu’une effroyable mêlée, qui roule, emportée dans une clameur de cris et dans un cliquetis d’armes.
Une barricade ferme la route. Elle arrête la foule.
Les quelques Enfants Perdus d’Eudes, une trentaine avec les hommes du peloton de Gois, pris le matin au secteur, cherchent en vain à apaiser les fureurs.
—J’ai bien cru qu’on allait les tuer tous là! me disait l’un de ceux qui les accompagnaient.
Les hommes de la barricade, une compagnie du 74e bataillon, sous les ordres du capitaine Dalivous,[100] s’étaient rangés contre les pavés.
—Peux-tu nous donner des hommes de renfort? demanda Gois au capitaine.
—Je viens avec vous, répond Dalivous.