Grossi d’une vingtaine de gardes et de l’officier, le cortège s’engagea sur la chaussée. Sur toutes les portes, à toutes les fenêtres, des groupes, menaçants ou curieux. De toutes les rues qui s’ouvrent sur la vaste voie, des flots d’hommes, de femmes, d’enfants, viennent allonger la file.
Les clairons qui sont en tête commencent à sonner.
Couvrant les vociférations, ils sonnent à plein cuivre la marche populaire du siège:
Y a la goutte à boire là-bas...
Y a la goutte à boire!...
En tête, marche Gois, en costume de colonel fédéré, à pied. Ceux qui l’ont accompagné à la Roquette sont en simples gardes, quelques-uns avec des képis galonnés de capitaine ou de lieutenant.
Clavier, le commissaire du douzième, est en vareuse de fédéré, la taille ceinturée de rouge, un képi sans galons sur la tête.
A côté de lui, marche une cantinière, toute jeune, brune.
Viennent ensuite les gardes de Paris, en veston d’uniforme, pantalon de treillis gris et képi. Quelques-uns en casquette.
Les dix prêtres suivent, jésuites ou picpussiens, en soutane.
A la queue, les quatre otages civils. Largillière, gros, de taille moyenne, en capote verte de garde national, celle qu’il portait quand il a été arrêté au poste du ministère des finances. Ruault, petit, trapu, en pantalon de velours bleu clair, blouse bleue, gilet de laine rouge, son costume de tailleur de pierre. L’officier de paix Dereste, droit, correct, pantalon et paletot noirs.