—Où les conduisez-vous? dit-il à ceux qui marchaient en tête, dès qu’ils furent arrivés près de lui.

—Au secteur!

Le cortège s’arrêta quelques minutes à peine. Il traversa la place et s’engagea dans la rue de Paris, aujourd’hui la rue de Belleville.

rue de Paris

J’ai retrouvé, dans cette rue de Paris qui vit passer les cinquante otages, un témoin de ces heures farouches.

Une après-midi, je parcourais ces quartiers, à la recherche des souvenirs des inoubliables jours, quand j’avisai une pauvre boutique de brocanteur, s’ouvrant sur le trottoir étroit, à mi-chemin environ de la rue Haxo.

Dans cette humble boutique, dont la porte grande ouverte laissait voir un amoncellement de vieilles choses, datant peut-être d’un demi-siècle, il me sembla que devait flotter encore, au milieu des paperasses et des détritus, le souffle des terribles jours de la semaine de Mai.

Une femme était sur le seuil.

Qui sait? Jeune, déjà là, avait-elle peut-être vu passer les otages!

—Vous n’avez rien sur le Siège? dis-je, sur la Commune? Des gravures, des insignes...