le compte des morts
Deux hommes étaient restés dans l’enclos désert, Gois et l’autre officier, C...
Le jour commençait à s’assombrir. Le ciel était pluvieux.
—Plus personne! dit Gois. Ah! ils ont peur, maintenant, les lâches! Pas un n’oserait rentrer ici.
Le spectacle était bien fait pour terrifier.
Ce tas de morts, au bas du mur, dans la terre rougie!
Gois sortit de sa poche un papier plié qu’il ouvrit lentement, et qu’il déposa sur le rebord du petit mur.
C’était la liste des cinquante otages qu’il avait pris à la Roquette.[113]
Les deux officiers s’approchèrent du tas des morts, les soulevèrent, comme s’ils cherchaient à les reconnaître, à les identifier.
—Nous cherchions les trois mouchards, me disait C... Ils étaient bien là! Nous reconnûmes aussi le grand brigadier, mutilé, l’œil sorti de l’orbite... Ma parole, il avait été brave, et c’est le seul que j’aurais voulu voir s’échapper!