jusqu’à la mort

Les musiques se remirent à jouer. Le canon tonna de nouveau sur le quai. De la foule s’éleva une clameur formidable, un «Vive la Commune!» si puissant, qu’il en fit vibrer l’air et s’agiter les drapeaux qui fleurissaient la façade.

Les bataillons s’ébranlèrent. A la nuit, ils défilaient encore. On voyait confusément des mains se tendre vers l’estrade. D’autres se rapprocher. Des bouches criaient encore et toujours: «Vive la Commune!», jusqu’à perdre le souffle.

Enfin la place se vida. Les fenêtres de l’Hôtel de Ville s’illuminèrent. La Commune était installée.

Je repris le chemin de la rue du Croissant. A la porte de l’imprimerie, je croisai un groupe de fédérés au milieu duquel parlait un lieutenant du 248e, mon bataillon du siège, le bataillon de Longuet. Il racontait ce qu’il avait vu sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Il était tout au bas de l’estrade. Il avait pu, plus heureux que moi, entendre les discours.

—C’est Ranvier qui a parlé...

—Et qu’a-t-il dit? lui demandai-je.

—Il a dit... il a dit... que la Commune était proclamée... Est-ce que ce n’est pas assez? Et puis nous avons répondu:

—Nous la défendrons jusqu’à la mort!

Et s’animant: