Les anciens confrères du prêtre qui déposèrent devant le conseil de guerre, chargèrent à l’envi le pauvre abbé Perrin. L’abbé Guébels, vicaire à l’église, l’accusa d’avoir «fait sonner bien haut le titre de citoyen qu’il donnait aux gardes nationaux».
—Le témoin me fait un crime d’avoir appelé citoyens les gardes nationaux, répondit l’abbé Perrin. Mais je lui rappellerai que saint Paul parcourut le monde en répétant: Civis romanus sum. Je trouve donc étrange que le témoin me fasse un crime d’avoir prononcé le nom de citoyen.
Le président du conseil de guerre intervint en ce moment.
—Ne faites pas de citation, dit-il à l’accusé. Avez-vous, oui ou non, prêché le désordre?
—Je nie absolument le fait, répond l’abbé Perrin. Je crois avoir fait mon devoir mieux que le témoin. Je ne veux point rappeler certains détails qui lui seraient peu favorables. Je dirai seulement que ma charité était proverbiale dans le quartier, et que j’étais le plus assidu de mes collègues auprès des pauvres et des malades.
L’abbé Perrin en fut quitte pour deux ans de prison.[162]
Qu’est devenu notre citoyen-prêtre? Où est-il? Que fait-il? S’est-il repenti? Vit-il encore? Personne de nous n’a, depuis le jour de sa condamnation, entendu parler de lui.
VII
gaietés
Vingt-sept mars. Lendemain des élections à la Commune. On en est toujours aux heures de joie. Le Père Duchêne exulte. Sa plume se trempe dans le lyrisme le plus éclatant: