—Et vous, cria une voix qui était toujours celle de mon homme au brassard,—avancez.

Je vis se diriger, vers la haie des soldats, deux ou trois de mes compagnons. Je les suivis. J’étais à la deuxième étape de cette journée maudite.

Le bras appuyé sur leur arme, indifférents, les soldats nous regardaient l’un après l’autre. A... était près de moi. Nous avions tous deux conservé nos brassards blancs à croix rouge.

—Tu sais, me dit tout bas A..., nous sommes médecins... étudiants. Je dirai les noms de mes professeurs, si l’on voulait aller aux renseignements.

—Oui répondis-je, mais moi... Je ne suis pas étudiant en médecine... Tes professeurs ne me connaîtront pas...

Et je sentis que l’espérance s’envolait. Cet officier de gendarmerie devant qui j’allais passer n’avait pas l’air d’un imbécile. Il verrait bien tout de suite que je ne suis ni médecin, ni même étudiant en médecine... Et alors? Alors?

Les soldats avaient fait demi-tour. Ils se dirigeaient avec nous vers la salle du jugement.

Quelques pas encore, et j’allais être en face du tribunal.

III

devant le tribunal