Rogeard, moitié content, moitié froissé, accroche son chapeau mou.
Il est désormais des nôtres.
le capitaine Blot
Assis avec quelques amis, un officier.
Sur la table, une longue boîte en carton. L’officier l’ouvre et en retire un superbe claque, avec un bouquet de plumes tricolores.
L’officier est le capitaine Blot, instructeur à Saint-Cyr.
De temps à autre, Blot vient nous voir à la brasserie de la rue Saint-Séverin. En civil. Quand il arrive en uniforme, c’est qu’il doit faire quelque part, au ministère de la guerre ou ailleurs, une visite d’apparat. Peu désireux de descendre le boulevard Saint-Michel coiffé de son chapeau à plumes, il vient en képi, le carton renfermant le fameux chapeau à la main.
Un soir, quelques mois plus tard, Blot nous surprendra. En août. Désigné pour un régiment, au lendemain de la déclaration de guerre, il a été fait prisonnier à l’une des grandes batailles. Il s’est échappé, déguisé en bouvier.
Il restera à Paris, tout le siège.
La Commune venue, on lui offre d’être général. Il refuse. Il ne nous quitte pas, cependant. Après l’entrée des troupes, il donne ses conseils pour l’attaque, à l’artillerie, de la gare Montparnasse, déjà occupée par l’armée de Versailles.