La tache rouge, c’est un édredon, porté sur deux échelles... Sur l’édredon rouge, un homme étendu... Un képi à quatre galons... Parmi ceux qui accompagnent le blessé, un ami, un habitué de chez Glaser. Lucipia.
—C’est Sapia, nous dit Lucipia.
—Mort?
—Non. Blessé à la hanche. Une balle, là, dans l’avenue... Il levait sa badine pour crier «en avant» quand il a été frappé... Nous le portons à l’Hôtel-Dieu.
Quelqu’un s’approche. Un médecin. Il appuie sa tête sur la poitrine.
Le cortège continue sa route.
Quand il franchit le portique de l’hôpital, le commandant Sapia rendait le dernier soupir.
au gymnase Paz
Le lendemain. Cinq jours avant la capitulation. Au gymnase Paz. Rue Toullier. Entre la rue Cujas et les escaliers (disparus) qui, de la voie en contre-bas, montaient à la rue Soufflot. Une grande salle, nue, étroite et longue. Dans un coin, on a poussé les barres parallèles sur lesquelles s’exerçaient, avant le siège, les gymnastes. Je me hisse pour jouir du coup d’œil.
Foule. Des femmes. A la tribune,—une estrade,—un orateur. Une face émaciée, d’une pâleur atroce. Les yeux, noirs, brillants. Barbe noire embroussaillée. Cheveux longs. Briosne.[195]