La voix, caverneuse, a de superbes éclats.

—Citoyennes et citoyens... Nous résisterons jusqu’à la mort... Paris s’ensevelira sous ses ruines...

Ce sont des applaudissements, des voix qui crient et rugissent.

—Oui... Oui...

Briosne attend. Quand le bruit s’est apaisé, il reprend, de sa voix grave, à l’accent prophétique.

—Citoyennes et citoyens... Quand, dans Jérusalem assiégée par les soldats de Titus, tous les combattants eurent succombé, les femmes, debout sur les remparts à demi écroulés, ramassaient les cadavres de leurs époux et de leurs fils, et les lançaient, superbes de rage et de désespoir, à la face des assaillants...

Un grondement court sur les bancs où les femmes sont assises, le regard fixé sur Briosne, rouges, comme illuminées.

—Citoyennes et citoyens... C’est ainsi que feront nos femmes... Paris peut succomber. Il ne se rendra jamais...

—Je demande la parole, crie une voix que je reconnais à son timbre faubourien.

La voix de notre ami Roullier.