Briosne a fini. Je le vois qui s’en va, la face blême couverte de gouttes de sueur...

La longue blouse bleu pâle de Roullier flotte au-dessus de l’estrade.

—Vous avez entendu le citoyen Briosne, commence Roullier... Eh bien! jurons tous ici de mourir plutôt que de nous rendre aux Prussiens.

Des mains se lèvent.

—Oui. Nous mourrons tous... D’abord, avant de nous rendre, nous mangerons tout... Nous mangerons les chats... Nous mangerons les chiens... Nous mangerons les rats...

La salle se déride. Empoignés tout à l’heure par l’éloquence de Briosne, les nerfs se détendent.

—Oui, vocifère toujours Roullier... Les rats... Nous mangerons nos souliers... le cuir de nos ceinturons... nos gibernes... Est-ce que les naufragés ne mangent pas tout ce qu’ils trouvent sur leurs bateaux?... Ils se mangent quelquefois entre eux...

Roullier est allé trop loin... Un formidable rire secoue la salle, qui se vide.

les lettres de l’archevêque

Mercredi 24 mai, de la Semaine sanglante. La bataille se rapproche. Plus d’espoir. Je viens de passer une demi-heure, dans mon logis de la rue du Sommerard, à brûler les papiers compromettants, pour moi et pour d’autres, que deux mois d’insurrection ont accumulés.