—Un beau jour, je roulerai ce Daubigny, et je l’emporterai, disais-je en riant à Protot, qui présidait la table.

César écroulé

Il y a foule dans la grande salle du ministère. Le balcon est déjà tout occupé. Par les fenêtres, largement ouvertes, la place apparaît, grouillante d’uniformes. Le soleil brûle les pavés. Debout, appuyé contre la grille de la colonne, un jeune commandant d’un des multiples bataillons de Vengeurs, de Défenseurs, ou de Turcos. Pantalon rouge, képi rouge, vareuse rouge, sur laquelle scintillent une triple rangée d’aiguillettes d’or.

Aux angles de la place, des musiques, dont les cuivres étincellent.

Au-dessous de nous, cinq ou six membres de la Commune. Miot, avec sa haute taille et sa longue barbe blanche. Ferré, tout petit, le masque envahi par la barbe noire, le nez busqué, deux yeux noirs, noirs, très doux, qui brillent cependant, derrière le lorgnon, d’une flamme étrange.

Sur le piédestal de la colonne, une demi-douzaine d’hommes, causant avec animation, interrogeant du regard l’écorchure du fût.

—Encore quelques coups de scie, commande l’un d’eux.

Et la scie recommence à entamer la pierre. Un léger nuage blanc s’échappe.

—Ça va bien... On peut tirer...

Trois heures et demie.