Mais le voici.
Je pousse comme un soupir de soulagement. Quelle folie m’a traversé la cervelle! Ah! elle est encore solide. Pour sûr, le câble va encore une fois se tendre en vain...
Devant mes yeux passe subitement comme le battement d’aile d’un oiseau gigantesque... Un zigzag monstrueux... Ah! je ne l’oublierai jamais, cette ombre colossale qui traversa ma prunelle!...
Blouf!...
Un nuage de poussière...
Tout est fini...
La colonne est à terre, ouverte, ses entrailles de pierres au vent... César est couché sur le dos, décapité. La tête, couronnée de lauriers, a roulé, tel un potiron, jusqu’à la bordure du trottoir.[205]
quatre ans après
Un jour de mai 1875, j’étais allé voir Élisée Reclus[206] à Vevey. Le savant m’avait retenu à sa table. Les déjeuners ne se prolongeaient guère chez lui. Une demi-heure de causerie rapide. Une bonne poignée de main, et au large. Dans la salle du bas on bûchait ferme. La Géographie universelle, dont les deux premiers volumes seuls étaient publiés, réclamait tous les instants du proscrit.
Dans la rue, je croise mon ami Slom, ancien secrétaire de Rigault.