—Je suis médecin, répondis-je. C’est pourquoi j’ai ce brassard de la Société Internationale des blessés. J’étais déjà médecin sous le siège...

—Et médecin de qui êtes-vous maintenant? Quels blessés soignez-vous?

—Mais, tous, repris-je, un peu embarrassé. J’ai soigné tout le monde pendant la bataille, les soldats de l’armée et ceux de la Commune.

—Vous n’êtes point médecin de l’armée?

—Non... Mais...

—Vous êtes resté à Paris sous la Commune?

—Oui...

Le prévôt se pencha à l’oreille de l’assesseur en manchettes. Ils semblèrent se concerter un moment. Et le capitaine, s’adressant toujours aux agents:

—Conduisez-le à la queue!

Deux agents m’entourèrent et me firent traverser la salle d’attente, de nouveau pleine de prisonniers. Où était-on allé les prendre? Chez eux ou dans une salle voisine? Je vis encore des hommes en vareuse, des femmes, des enfants, des gendarmes et des soldats, et toujours ces hommes à brassard tricolore, pourvoyeurs du grand abattoir.