—Si nous allions au Club? me dit-il brusquement.

—Au Club?

—Oui. Au Club Séverin. Il vient d’ouvrir. Ça doit être drôle.

—Allons-y.

Nous sortons. Nous longeons à petits pas le trottoir de la rue Saint-Séverin, qui s’étrangle après la rue de la Harpe. Derrière les vitres à demi éclairées des chands de vin, par-ci, par-là, des groupes de gardes fédérés, assis autour des tables. Nous voici devant le porche de la vieille église toute noire. Deux ou trois femmes montent les degrés, poussent le tambour, et disparaissent.

—Par Dieu! exclame Gill. On dirait qu’elles vont au salut.

Et, de fait, pas un cri. Rien qui fasse pressentir le club, violent, tapageur. Rien.

Nous entrons.

L’église est noire. Au milieu de la nef centrale, une tache de lumière. La chaire et le banc d’œuvre. Des lampes à pétrole accrochées aux piliers. Les bas-côtés, le chœur, l’abside, tout cela dans l’obscurité. Enfonçons-nous dans le noir. Comme cela, nous serons plus à l’aise. Et personne ne nous verra. Nous ne courrons pas le risque d’être abordés, d’être—qui sait?—réclamés comme assesseurs.

Deux chaises. Nous voici installés derrière un pilier.