LA PIÈCE DE LA COMMUNE

Avril.—Je ne sais ce qui m’a conduit sur le quai.

Je monte voir l’ami Camélinat,[223] qui est installé à la Monnaie, et qui s’apprête à frapper la nouvelle pièce de la Commune.

—Eh bien! ça va-t-il, notre pièce de cent sous?

Camélinat me conte les difficultés qu’il rencontre pour se faire livrer des lingots d’argent par la Banque. Ce n’est qu’après engagements sur engagements que M. de Plœuc a consenti à lui donner, par lots de cent mille francs, deux millions d’argent destinés à la frappe.

—Mais la Commune ne pouvait-elle pas, tout simplement, envoyer un bataillon!

Camélinat lève les bras au ciel.

Et après un silence:

—Enfin, j’ai tout de même mes lingots. Je vous apporterai ma pièce nouvelle à quelque jour.

Le mercredi, en pleine bataille, quand les coups de feu éclataient déjà dans le voisinage, par la porte de la rue Guénégaud, deux fourgons sortaient, chargés de pièces, exactement pour 153.000 francs.