—Sont-ils loin?
—Toujours rue Vavin, où Lisbonne[235] les arrête...
Nous longeons en causant le lycée Saint-Louis.
Maître me résume, en quelques mots rapides, la défense. La place Saint-Michel fermée par la grosse barricade de la Fontaine. La rue Saint-Séverin hérissée de pavés. La rue des Écoles, le boulevard, coupés de fossés. La rue Racine, la rue de l’École-de-Médecine barricadées. Et, forteresse colossale, la barricade de la place Maubert, protégeant la retraite, par le pont d’Austerlitz, vers la rive droite et le onzième.
Place de la Sorbonne. La barricade qui va défendre l’accès à la rue Soufflot est en retard. Donnant des ordres, l’écharpe rouge en sautoir, Aconin, ancien capitaine, sous le siège, à mon 248e.
—Eh! venez donc!
—Tiens! Rigault!
C’est bien Rigault qui nous appelle. Il cause, sur la place, avec un groupe d’amis.
Nous traversons, Maître et moi, le boulevard.
Rigault est en grand costume de commandant fédéré. Tunique à col et revers rouges. Sur la bande rouge du képi, une grenade d’argent.