—Entrons au d’Harcourt.

au d’Harcourt

Le café d’Harcourt est hermétiquement clos. Du pommeau de son sabre Rigault frappe aux volets. Une porte s’entr’ouvre, laissant voir un coin de la face apeurée du gérant.

—Ah! c’est vous, monsieur Rigault... Ah! non... non... impossible...

Et l’infortuné cafetier, avançant la tête, embrasse d’un long regard d’angoisse la place de la Sorbonne, où les pavés montent, fermant les rues adjacentes, et où flambent au soleil les faisceaux des fusils.

—Allons, ouvre vite, dit Rigault nerveux. Et fous-nous la paix.

Nous entrons. La salle est obscure. Seules quelques lames ensoleillées s’échappent des jointures des volets. Nous nous asseyons. Cinq. Rigault. Un grand jeune homme en costume de lieutenant, un élève des Beaux-Arts, habitué, comme nous, de la brasserie Saint-Séverin, Huet. Il a de hautes bottes de cuir jaune, qu’il étend sur une chaise, à demi endormi. Je ne connais pas le troisième. Maître est en chef de bataillon. Moi en civil et képi de lieutenant.

D’un trait, Rigault avale le verre de grenadine qu’il s’est fait servir. Il me frappe sur l’épaule.

—Tu sais... Eh bien!

Il scande ses paroles.