... Ce qui épouvantait le regard, c’était le spectacle que présentait le square de la Tour Saint-Jacques. Les grilles en étaient closes. Des sentinelles s’y promenaient. Des rameaux déchirés pendaient aux arbres. Partout, de grandes fosses ouvraient le gazon et creusaient les massifs.

Du milieu de ces trous humides, fraîchement remués par la pioche, sortaient çà et là des têtes et des bras, des pieds et des mains. Des profils de cadavres s’apercevaient à fleur de terre, vêtus de l’uniforme de la garde nationale. C’était hideux. On les avait jetés là, précipitamment.

Une odeur fade, écœurante, sortait de ce jardin. Par instant, à certaines places, elle devenait fétide.

Des tapissières attendaient leur horrible chargement. Les berges du fleuve avaient reçu leur contingent de morts.[246]

Tous les jours, les mêmes épouvantables tableaux.

On pouvait venir me prendre ici—il suffisait d’une dénonciation[247]—me faire descendre l’escalier à coup de crosse, comme Vallès, me pousser au mur, là, en bas... venir ramasser mon cadavre, le porter dans quelque square, l’enfouir sur la berge du fleuve...

Et je restais songeur, angoissé, tremblant parfois, la tête dans mes mains... Seul.

ceux qui dénoncent

Mon cousin rentre. L’air effaré...

—Qu’y a-t-il?