—Eh bien?
—Ton ami... Il m’a très bien reçu... Mais... Mais... Peur d’être compromis... Sa mère... Si tu te faisais prendre... Si on savait qu’il t’a prêté son passeport... S’il n’y avait que lui, il n’hésiterait pas... mais, sa mère...
—Bref, il refuse.
—Oui.
transes
Depuis que j’ai échappé à la cour martiale, les journaux que l’on m’a apportés dans mes refuges sont pleins de récits terrifiants.
Vallès a été tué rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois, où il s’est fait traîner. Comme il se débattait, on l’a fait taire à coups de crosse dans les reins. Les soldats l’ont ensuite lardé de coups de baïonnette...[245]
Ferré, Vaillant, Cluseret, Billioray, rencontrés dans la rue, fusillés, eux aussi.
J’ai lu l’horrible récit de la mort de Varlin, arrêté sur la dénonciation d’un prêtre, fusillé aux Buttes-Montmartre, après qu’il eut gravi le plus affreux des calvaires, sous les injures et les coups.
Je frissonne en songeant aux horribles fosses du square de la Tour-Saint-Jacques, charnier plein de cadavres. Je l’ai là, ce récit, à portée de la main... Qui sont-ils, les infortunés, fusillés, pour le plus grand nombre, à l’infâme caserne Lobau, après avoir comparu, au Châtelet, devant la cour martiale du colonel Vabre?... Je le relis, ce récit...