J’entre à l’auberge. Je me fais servir à déjeuner—j’ai abandonné mon pâté dans le tragique compartiment—et, ensuite, je demande si l’on peut me préparer une voiture pour Dôle.
—Mais, monsieur, me répond la patronne, le train va passer.
Je prétexte une indisposition.
—Bien. Alors, dans une heure.
Je sors en attendant. Je passe les vieilles fortifications d’Auxonne. Je m’engage sur une longue route blanche, bordée de vignes. Tout à coup, derrière moi, le galop de deux chevaux. Je songe aux chevaux de gendarmes. Ce sont deux officiers prussiens qui vont à la promenade.
Le soir, j’étais à Dôle.
—A quel hôtel descendez-vous? me demande mon guide.
—Près de la grand place, répondis-je à tout hasard.
A l’hôtel — il y en a toujours un sur une grand place—je demande où habite M. Vuillaume, ancien militaire, chevalier de la Légion d’honneur.
—M. Vuillaume? A deux pas.