—Comment! Laissé sa jambe! criai-je ahuri. M. Vuillaume a perdu une jambe à Solférino?
La bonne me regarde, stupéfaite.
—Mais vous ne saviez pas?
—Mais, M. Vuillaume n’est pas mon oncle! (J’avoue ainsi que je venais voir mon oncle.) Mon oncle, qui s’appelle aussi M. Vuillaume, et qui est aussi décoré de la Légion d’honneur et de la médaille militaire, (il y a un tas de Vuillaume par là) a ses deux jambes solides.
—Ah! vous voulez parler de M. Vuillaume, de Poligny, reprend la bonne! C’est votre oncle? Fallait le dire, que c’était celui qui avait ses deux jambes. Il habite à Poligny, rue Travot.
J’appris ainsi que si je voulais trouver mon oncle, le vrai, il me fallait me remettre en route.
Je remerciai la petite bonne, qui me reconduisit à la porte d’entrée:
—Ah! je vais raconter cela à mon maître, quand il va rentrer, me dit-elle en me saluant, ce qu’il va rire de bon cœur!
MON ONCLE LE MARCHEF
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