Il y a une heure que j’ai votre lettre. Comme vous le désirez, je réponds de suite, et je vais vous donner tous les renseignements que vous me demandez...
C’est de son chevet, à une heure du matin, que je vous ai écrit ma première lettre. Cette nuit fut bien pénible pour moi. Il avait le délire...
Vous me demandez ce qu’il faut faire. Pour l’instant, attendre.
Il est toujours à Londres, dans une maison de santé, à dix minutes de chez moi. Comme je ne puis le voir que tous les mardis, je ne puis vous donner de nouvelles fraîches. Vendredi, il allait un peu mieux. Mardi dernier, je le vis le matin, à six heures un quart. Il m’a reconnu aussitôt que je suis entré dans la chambre, et il me causa environ cinq minutes. Dans la journée il dit à d’autres personnes que j’avais été le voir le matin.
S’il était tranquille, loin de tous tracas, je suis convaincu qu’il guérirait rapidement. Mais il aura toujours devant lui la position pécuniaire qui le tourmentera. Voila à quoi il faut que nous pensions.
Citoyen Vuillaume, puisque vous avez une maison au bord de la mer, aussitôt qu’il sera en état de voyager, nous ferons tout notre possible pour qu’il aille vous rejoindre...
Il a été convenu ici entre les quelques amis que nous sommes, de lui établir un petit pécule pour, quand il sera rétabli, faire ce qu’il désirera. Par ce moyen, il aura l’argent nécessaire pour aller vous joindre. Mais cela ne sera pas avant deux mois au moins...
Dans huit jours, je vous récrirai pour vous tenir au courant de sa guérison, ou des complications qui pourraient survenir.
Recevez, cher citoyen, l’assurance de mes amitiés sincères.
Léopold Caria.