Je vous serre bien les mains de tout cœur.

Edmond Levraud.

Je ne conservais pas beaucoup d’espoir. Une lettre de Caria vint m’enlever le peu qui m’en restait.

Londres, 1er octobre 1878.

Cher citoyen Vuillaume,

Pour la seconde fois depuis ma dernière lettre, j’ai vu Eugène dimanche. Regnard aussi est venu le voir. Nous l’avons trouvé dans l’état le plus déplorable. Il ne pouvait plus parler, et pleurait à chaque instant. Tout espoir est donc perdu. J’ai bien de la peine à croire qu’il verra le mois de janvier.

J’ai vu bien des amis mourir. Mais jamais je ne me suis trouvé aussi affecté que dimanche, en voyant ce pauvre ami souffrir, et me prier de le sortir de cette maison où il a conscience qu’il va mourir. Car il me l’a dit. C’est le cœur bien serré que l’on revient d’une visite comme celle-là.

Recevez, cher citoyen, une cordiale poignée de main de votre dévoué

Léopold Caria.

Quelques jours encore, et la triste nouvelle me sera annoncée par Edmond Levraud.